Article 222

 

Journal pour les Droits de l’Enfant

   

N°42                                                    2e trimestre 2010


 

 

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Maman, pourquoi m'as-tu circoncis?

Documentaire néerlandais de Michael Schaap

sous-titré anglais © 2005

«La circoncision d'un garçon est pire que l'incision d'une fille»

Ayaan Hirsi Ali

 

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REVUE DE PRESSE

 

Sommaire :

- Suisse: circoncision tolérable?
- Le petit-fils de Sarkozy, a été circoncis.
- VERS QUEL ÂGE POUVONS-NOUS CIRCONCIRE NOTRE FILS,
POUR LUI ÉVITER TOUT TRAUMATISME LIÉ À LA CASTRATION?

- Finland: jewish parents ordered to pay circumcised son 1500
euro for his pain.
- Circoncision: et si la cour d'Helsinki s'opposait aux 3 religions monothéistes ?
- Le prix du prépuce.
- La circoncision n'a pas la cote au Québec.
- La circoncision:
quel impact sur la propagation du VIH chez les hommes gais et bisexuels?

- Italie: combattre l'excision.
- Se faire chier pour la burqa.
- Organisation Médicale Secrète.
-
Waris Dirie: le film Fleur du désert retrace son histoire.
- Magie noire au Brésil : un enfant de 2 ans grièvement blessé.

 

Suisse: circoncision tolérable?

Un délégué des Verts demande un débat sans tabou sur l'ablation du prépuce, considérée comme une atteinte à l'intégrité physique. Inquiétude des Juifs et des musulmans:
«Je suis circoncis et je ne vis pas du tout ça comme une atteinte à mon intégrité physique», réagit Hafid Ouardiri, ancien porte-parole de la mosquée du Petit-Saconnex. Président de la
Fondation de l'Entre-Connaissance, il ne goûte que fort peu la prise de position des Verts sur l'égalité des genres révélée hier par le Tages-Anzeiger. Dans un document qui sera discuté samedi, les délégués affirment que «les Verts combattent les mutilations génitales pratiquées sur des filles et des femmes». Puis «la circoncision doit être discutée sans tabous». Pour Diego Hättenschwiler, le Bernois à la base de la proposition, « la circoncision est une atteinte à l'intégrité physique. Elle est beaucoup moins grave que ce qui est infligé aux femmes et ne se place pas sur le même niveau. Mais c'est un sujet dont on a très peu parlé en Suisse. Il faut briser ce tabou et en discuter. » Markus Theunert, président de masculinités.ch, la faîtière des organisations suisses masculines et paternelles, partage cette vision. « Notre position est simple. L'intégrité physique de tous les hommes et de tous les garçons doit être respectée et pratiquer une circoncision entraîne une blessure physique, souligne-t-il. Les conséquences sont bien entendu beaucoup moins graves qu'avec les mutilations féminines. Mais il y a un parallèle en ce qu'il y un non-respect de base de l'intégrité physique. En principe on ne peut créer une atteinte de la sorte sans raison supérieure comme une raison médicale. Une raison religieuse en est-elle une aussi ? La question mérite un débat. » Pas pour Hafid Ouardiri. « Cette question n'a pas à être débattue. La circoncision appartient à la tradition abrahamique à laquelle nous tenons et représente un élément d'hygiène important. Vouloir lancer un débat sur ce sujet, c'est jeter de l'huile sur le feu. » Sabine Simkhovitch-Dreyfus, vice-présidente de la Fédération des communautés israélites de Suisse, se dit interloquée par la proposition des Verts. « C'est l'ouverture d'un débat dont on sait où il commence mais dont on ne sait pas où il finit. »
Le contexte général de remise en question de toute une série d'acquis dans le domaine de la liberté religieuse est inquiétant. On remet en cause un élément fondamental de la pratique des juifs de Suisse et qui ne nuit en rien à leur intégration. » Sabine Simkhovitch-Dreyfus rappelle que des règles strictes entourent cette pratique dans la religion juive. « Avant toute circoncision, on veille à ce qu'elle ne porte pas préjudice à la santé de l'enfant. Des tests médicaux sont effectués. Ce sont des personnes formées spécialement à cette opération, en général effectuée au 8e jour après la naissance, qui la pratiquent. S'il y a un risque médical, la circoncision peut être repoussée ». Ueli Leuenberger, président des Verts, explique que la proposition de Diego Hättenschwiler est une proposition parmi de nombreuses autres. « Elle demande un débat sur une question controversée au sein de nos rangs. »

On peut être propre avec le prépuce intact

« Il y a eu une grande vague de circoncisions pour des raisons d'hygiène, explique Judith Hohlfeld, cheffe du service de chirurgie pédiatrique du CHUV. Plus aujourd'hui, où on sait qu'il est tout à fait possible d'être propre avec un prépuce intact. Il faut que l'enfant apprenne à se laver correctement. » Pour elle, des raisons médicales comme un prépuce trop serré ou enflammé, justifient cette opération. Les raisons religieuses sont aussi importantes pour Judith Hohlfeld. « C'est un signe d'appartenance très important dans certaines communautés. Un garçon qui n'est pas circoncis ne sera pas intégré. Et si nous refusons de le faire, la famille trouvera d'autres moyens pour effectuer ce rite. » Remboursée lorsqu'il y a un motif médical, la circoncision est à la charge des parents lorsqu'elle a une raison rituelle. L'opération qui se fait sous anesthésie générale est facturée environ 800 francs.

Tradition millénaire

Des traces sur des tombeaux égyptiens Hérodote attribue la paternité de la circoncision aux Egyptiens. Mais cette opération remonte aux premières traces laissées par l'homme. 
Des dessins rupestres du néolithique représentent cette opération, probablement la plus vieille du monde. 
Dans la religion juive, la circoncision est un élément fondamental. Elle rappelle l'alliance promise par Dieu à Abraham et à tout le peuple d'Israël. La pratique de la circoncision dans le judaïsme s'expliquerait aussi par la volonté divine de ne pas laisser la sexualité retomber dans l'animal, la vulgarité et la débauche.
Chez les musulmans, la circoncision est obligatoire ou fortement recommandée. Elle est effectuée chez les garçons entre 4 et 13 ans, soit plus tard que chez les Juifs qui l'effectuent au huitième jour du bébé. Là aussi, elle symbolise la descendance d'Abraham, Ibrahim en islam.

lematin.ch - 12/01/10

Le petit-fils de Sarkozy, a été circoncis

Le député-maire UMP de Levallois-Perret, Patrick Balkany, interrogé aujourd'hui sur Radio J, a indiqué que le petit-fils de Nicolas Sarkozy, Solal, avait été circoncis selon le rite juif.

Alors qu'on lui demandait s'il avait assisté à la circoncision de Solal, né le 13 janvier, fils du cadet du chef de l'Etat Jean Sarkozy et de son épouse Jessica, M. Balkany a répondu « effectivement, je ne vais pas vous dire le contraire, je vous le confirme
. Ça s'est passé comme toutes les circoncisions avec un rabbin et un mohel » (qui pratique l'acte médical), a ajouté le maire de Levallois, très proche du chef de l'Etat.
 Jean Sarkozy « a épousé une séfarade très pratiquante » et Nicolas Sarkozy « n'y voit aucun problème », a aussi affirmé M. Balkany. Il a indiqué que le président de la République « retenu par les obligations dues à sa charge n'était pas présent, mais qu'il y avait toute sa famille, il y avait sa mère, il y avait son père, son frère », a-t-il dit.

afp.fr – 31/01/10

VERS QUEL ÂGE POUVONS-NOUS CIRCONCIRE NOTRE FILS,
POUR LUI ÉVITER TOUT TRAUMATISME LIÉ À LA CASTRATION?

Question d’une internaute

Edith, 30 ans, un enfant:
J’ai un garçon de 8 mois, et pour des raisons religieuses, nous allons le faire circoncire. Vers quel âge le faire, pour lui éviter tout traumatisme lié à la castration?

Réponse de Marcel Rufo

Le plus tôt possible, quand il est bébé, car plus on avance, plus ces thèmes de castration et d'agressivité vont envahir l'enfant. Et puis, à l'hôpital de jour et sous anesthésie générale. 8 mois, ce n'est pas trop tôt. Il faut aussi le faire dans des conditions de chirurgien spécialisé. Alors là, je sais que je touche à un problème d'ordre religieux, mais je préfère l'asepsie, la chirurgie, les précautions pour éviter les dégâts. Je préfère ça, même si je sais que je me mets en tort avec la religion. Il faut le faire le plus tôt possible ou sinon, le petit garçon va avoir peur: plus on avance en âge et plus il a peur. En tout cas, les choses tragiques, c'est à l'adolescence ou à 6-7ans.

france5.fr/allo-rufo - 15/12/09

Finland: jewish parents ordered to pay circumcised son 1500for his pain

A couple who had a British rabbi circumcise their baby boy has been found guilty of conspiracy to commit bodily harm by the Helsinki District Court. The court ordered the parents to pay their child 1500€ for pain and suffering. The court ruled that the procedure met the characteristics of bodily harm as the baby was circumcised without an anasthestic. Furthermore, the rabbi who performed the circumcision is not licensed to practice medicine in Finland. The prosecutor had sought to convict the couple on grievous bodily harm charges or the conspiracy to commit such harm. The court, however, dropped the charge to conspiracy because the parents did not themselves perform the circumcision. The rabbi circumcised the week-old boy at Helsinki’s Jewish Community Centre last spring. The baby was later rushed to hospital because of excessive bleeding.
Expert witnesses testified that circumcision complications are very rare. That said, the court ruled that neither the rabbi nor the parents can be perceived as having willfully caused the problems that arose after the operation.Finland's Supreme Court ruled in 2008 that male circumcision carried out for religious and social reasons and in a medical manner does not constitute a criminal offence.
At the time it pointed out that the circumcision of muslim boys is an established tradition and an integral part of the identity of muslim men.

vosizneias.com - 24/02/10


Circoncision: et si la cour d'Helsinki s'opposait aux 3 religions monothéistes ?

La pratique de la circoncision religieuse (et non pas le praticien...) vient d'être condamnée par le tribunal d'Helsinki (Finlande) à travers le cas de parents ayant invité un Rabbin britannique à venir pratiquer celle-ci sur leur bébé selon la foi juive (au printemps dernier) et qui, apparemment, n'a pas fait preuve du professionnalisme exigé: obligeant les parents à transporter leur enfant à l'hôpital pour cause d'importants saignements … Ce couple s'est vu condamné à 1500 euros d'amende à payer à leur enfant pour cause de « douleur et de souffrance » alors que le Rabbin s'en est retourné librement vers son Angleterre... Quoique les cas de complications suite à une circoncision religieuse soient des plus rares, le praticien n'est pas à l'abri d'une erreur (et peu importe ses années de pratique), d'une mauvaise manipulation, comme tant d'autres cas de médecins et chirurgiens que nous connaissons tous...
Le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales finlandais diffusait en 2003 une lettre de recommandation demandant aux hôpitaux d'accepter de pratiquer des circoncisions pour motifs religieux, mais le Ministère Public de cet état les considère comme des crimes, et les hôpitaux publics sont rétifs à cette pratique même sous surveillance médicale. Le personnel soignant a même le droit de refuser de pratiquer une circoncision s'il estime que cela va à l'encontre de ses principes éthiques... Aussi chaque année la sphère privée voit augmenter le nombre de circoncisions (de 100 à 200 pratiques\an) alors que cette intervention coûtera « quelques » 1000 euros dans un hôpital privé pour une centaine d'euros dans un hôpital public... mais qui refuse de pratiquer l'intervention...D'où la recherche de solutions intermédiaires … Le Ministère de la Santé finlandais avait préparé en 2003 un projet de loi autorisant la circoncision...et, celui-ci, n'a jamais été adopté !!
En 2003-2004 un groupe de travail des Nations-Unies (droits de l'enfant) a de même publié un mémoire sur le sujet préconisant qu'il convenait de respecter les pratiques religieuses et culturelles après acceptation des parents et de l'enfant ( ce qui ne peut être le cas dans la religion juive d'où, aux parents de prendre la décision). L'imbroglio ne s'arrête pas là lorsque l'on apprend qu'en 2008 la Cour suprême finlandaise a jugé que « la circoncision masculine effectuée pour des raisons religieuses et sociales et d'une manière médicale ne constitue pas une infraction pénale »...
Si nous connaissons tous le phénomène de la circoncision et sa reconnaissance dans les religions musulmanes comme juives, nous oublions que la religion chrétienne par l'Eglise Orthodoxe reconnaît également la chose et qu'ainsi elle inclut des fêtes autour de « la circoncision de notre Seigneur Jésus Christ et de saint Basile le Grand »... Si chaque état commençait à inculper les parents d'enfants circoncis et à les condamner à des amendes cela pourrait être un bon moyen d'assurer l'avenir de leurs enfants...Mais était-ce bien là l'idée originale du tribunal d'Helsinki ???

juif.org - 03/03/10

Le prix du prépuce.

Des parents condamnés à payer de l'argent à leur bébé, ça n'arrive pas tous les jours. Un couple finlandais a pourtant été condamné par le tribunal d'Helsinki à payer 1500 euros à son bébé. Le motif: la souffrance produite en circoncisant l'enfant sans anesthésie.
Une belle leçon à tous les crétins qui osent affirmer qu'un nourrisson ne souffre pas. Sous ses oripeaux religieux, la circoncision n'est qu'une atteinte sexuelle pédophile, et il faut saluer la justice finlandaise d'être la première à le reconnaître.

Charlie-Hebdo - 10/03/10

La circoncision n'a pas la cote au Québec.

Si la circoncision fait jaser aux États-Unis, la pratique soulève moins de débats au Canada et au Québec, où cette opération demeure relativement rare. Et où les bienfaits de l'ablation du prépuce sur la prévention des maladies ne semblent convaincre personne. « Mes collègues américains font beaucoup plus de circoncisions que nous. Il y a peut-être un aspect culturel. Mais parmi les urologues et pédiatres québécois et canadiens, je n'ai senti en aucun temps que la circoncision est nécessaire », explique le Dr Stéphane Bolduc, urologue pédiatrique au Centre hospitalier universitaire de Québec. Lui-même ne pratique pas de circoncision sans qu'elle ne soit médicalement requise, par exemple dans les cas de prépuce trop serré causant des infections urinaires à répétition. Mais encore là, circoncire tous les bébés pour contrer le faible taux d'infection de ce type est trop cher payé, estime-t-il. Même chose pour les risques de cancer du pénis. Là encore, son occurrence demeure trop faible - un homme sur 200 000 - pour justifier la circoncision systématique, dit-il. Au Canada, on estimait en 2008 que 32% des bébés étaient circoncis à la naissance alors qu'ils étaient 48% en 1970 et 60% en 1960. Au Québec, où le taux de circoncision a toujours été traditionnellement plus faible, à peine 3% des bébés étaient soumis à une circoncision en période néonatale, note le Dr Jean Labbé, professeur au Département de pédiatrie de l'université Laval qui a rédigé la fascinante histoire de cette chirurgie controversée. Le document a été présenté lors d'un récent congrès québécois d'urologie. Quant aux études menées auprès des hommes hétérosexuels africains montrant jusqu'à 50 % de réduction du taux d'infection au VIH, elles ne sont pas transposables ici, tranche le Dr Stéphane Bolduc. « Oui, la circoncision semble avoir un effet protecteur dans la mesure où la peau du gland est moins sensible. Mais ça prend une incidence importante de la maladie pour que ça vaille la peine de circoncire à grande échelle. L'OMS là-dessus est claire, la circoncision peut avoir des bénéfices, mais dans les populations à risques élevés comme dans certains pays d'Afrique. C'est une étude qui ne se transpose pas à la situation du Québec. » Le Réseau canadien d'info-traitements sida joue aussi de prudence. Dans une section de son site Internet, l'organisme propose un résumé d'une étude australienne qui ne permet pas de prouver de façon statistiquement significative la réduction du VIH chez les hommes, dans ce cas-ci gais ou bisexuels. Pire encore, plusieurs craignent que ce type d'étude ne laisse croire à une fausse protection à l'heure où le VIH fait encore des ravages. « Il ne faut pas valoriser la circoncision au détriment du port du condom. Tout ce qui peut se rapprocher d'une quelconque banalisation de la protection me fait dresser les cheveux sur la tête », illustre Thérèse Richer, directrice générale du Mouvement d'information et d'entraide dans la lutte contre le sida. Si ces études semblent trouver un certain écho auprès des autorités de santé publique et des pédiatres aux États-Unis, la question est somme toute peu débattue ici. Dans sa position officielle, la Société canadienne de pédiatrie indique ne pas posséder suffisamment de renseignements pour recommander la circoncision comme mesure de santé publique dans la prévention des maladies. Le Collège des médecins du Québec ne prend pour sa part pas position sur la question. « On ne peut pas se prononcer sur tous les traitements ou toutes les techniques », indique la porte-parole du Collège, Leslie Labranche. Elle mentionne toutefois qu'en aucun temps un médecin québécois n'est obligé de pratiquer une intervention de ce type s'il ne le souhaite pas. Une liberté que le Dr Stéphane Bolduc applique lorsque certains parents tiennent à faire opérer leur bébé pour des raisons de préférence, d'hygiène ou de religion. «J'ai déjà une liste d'attente pour des opérations nécessaires alors je leur dis que ça va prendre beaucoup de temps», dit-il. Et à cela s'ajoutent les frais alors qu'une circoncision qui n'est pas médicalement requise, donc non couverte par la Régie de l'assurance maladie, coûte environ 1000 $. «On tente de mettre les coûts les plus prohibitifs possible», souligne le Dr Bolduc. Parmi les raisons invoquées par les parents, l'hygiène est mentionnée par 44% des Canadiens, 37% pour que leur fils soit « comme les autres » ou « comme son père ». Le motif religieux est pour sa part avancé dans 15 % des cas, indique le Dr Jean Labbé dans son document sur l'histoire de la circoncision. Même si la circoncision non requise médicalement est en baisse depuis plusieurs années au Canada, elle dérange encore et trouve de farouches opposants au sein de l'Association pour l'intégrité génitale. Ce groupe canadien mène depuis 2001 un combat sans relâche pour que cesse cette pratique. «Pour nous, c'est une question de droits humains et de consentement qu'un bébé n'est pas en mesure de donner», explique le porte-parole Dennis Harrison, en entrevue au Soleil depuis Vancouver. « Si un enfant a besoin d'une opération, faites-la. Mais si vous n'êtes pas certains, ne le faites pas », tranche celui dont l'Association a, entre autres recours, multiplié les correspondances avec le Collège des médecins du Québec, lui demandant de prendre officiellement position contre la pratique. Pour Mr Harrison et son groupe, la circoncision est une intervention qui devrait être dénoncée au même titre que l'excision du clitoris pratiquée chez les fillettes de plusieurs régions du monde. « Au Canada, la loi interdit la mutilation génitale de femmes. Ce qu'on dit, c'est ce que devrait être la même chose pour les garçons. »

cyberpresse.ca – 02/02/10

 

La circoncision:
quel impact sur la propagation du VIH chez les hommes gais et bisexuels?

Dans plusieurs pays à revenu élevé, les hommes gais et bisexuels sont touchés de façon disproportionnée par le VIH et d'autres infections transmissibles sexuellement, notamment la syphilis. En effet, les données des programmes de dépistage indiquent que les taux de transmission du VIH augmentent chez cette population depuis 2001 dans les pays suivants: Canada, Australie, France, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, USA. Même si le nombre de nouvelles infections par le VIH se stabilisait chaque année, des prévisions statistiques américaines laissent croire qu'une forte proportion d'hommes gais et bisexuels contracteraient le VIH au cours des 20 prochaines années aux États-Unis. Face à cette hausse de l'incidence de l'infection au VIH, les chercheurs et les décideurs de politiques de santé publique de plusieurs pays riches évaluent à présent différentes possibilités d'interventions susceptibles de contribuer à freiner la pandémie du VIH. Une de ces possibilités réside dans la circoncision masculine. 3 essais cliniques randomisés menés auprès d'hommes hétérosexuels dans des régions du monde où le VIH est relativement courant, telle l'Afrique australe, ont permis de constater que la circoncision réduisait d'environ 60% le risque de transmission du VIH de la femme à l'homme lors des rapports sexuels. Pour que cette réduction du risque soit durable, il faut que les hommes circoncis aient recours au condom aussi. Il faudra également un suivi à long terme pour confirmer que la protection conférée par la circoncision peut se maintenir pendant de nombreuses années. Il n'empêche que certains chercheurs des pays à revenu élevé estiment que la circoncision des hommes gais et bisexuels pourrait jouer un rôle dans la prévention de la transmission du VIH chez cette population. Dans le présent bulletin de Nouvelles-CATIE, nous examinons des données concernant l'impact éventuel que pourrait avoir la circoncision masculine chez les hommes gais et bisexuels dans les pays à revenu élevé. Des chercheurs australiens ont mené plusieurs études pour évaluer l'impact de la circoncision sur la transmission du VIH. Aux fins d'une étude particulière, ils ont recruté 1426 participants séronégatifs, dont 66% étaient circoncis. Sur les 1426 hommes, 95% se disaient gais et 5% se disaient bisexuels. Le suivi des participants a duré jusqu'à quatre ans, l'étude ayant pris fin en juin 2007.

53 hommes ont contracté le VIH durant l'étude. Tenant compte de la présence d'infections transmissibles sexuellement, telles que la gonorrhée et des verrues anales, les chercheurs ont constaté que, dans l'ensemble, la circoncision n'offrait à ces hommes aucune protection statistiquement significative contre le VIH. L'équipe australienne a également interrogé les participants au sujet des rôles qu'ils assumaient lors de leurs relations sexuelles, c'est-à-dire préféraient-ils la pénétration anale passive, active ou les deux. Voici ce qu'ils ont trouvé:
7 nouvelles infections par le VIH se sont produites chez des hommes qui disaient préférer le rôle actif lors des relations avec pénétration anale.
12 nouvelles infections par le VIH se sont produites chez des hommes qui disaient préférer le rôle passif.
Chez les hommes qui préféraient le rôle actif lors de la pénétration anale, le fait d'être circoncis était associé à une réduction
faible mais statistiquement significative du risque de transmission. Il est important de faire preuve de prudence lorsqu'on interprète les données de cette étude australienne pour les raisons suivantes:
 Il s'agit d'une étude par observation, également dite étude de cohorte. Par sa nature, une telle étude permet seulement de relever des associations; elle
ne peut pas prouver de relation de cause (telle que la circoncision) à effet (protection possible contre le VIH). Au mieux, ces résultats australiens sont intéressants, mais ils doivent être confirmés par une étude conçue de façon plus rigoureuse, tel un essai clinique randomisé et contrôlé.
Même si 30% des participants « affirmaient préférer le rôle actif lors des relations avec pénétration anale », seulement 10 % d'entre eux disaient jouer exclusivement ce rôle. Cette différence entre le fait de préférer un certain rôle et celui d'assumer exclusivement ce rôle doit nous inciter à la prudence, car cela veut dire que, au mieux, 10% des hommes gais et bisexuels pourraient bénéficier de la circoncision.
L'équipe australienne a fait la déclaration suivante en guise de mise en perspective: «Puisqu'une minorité d'infections par le VIH se sont produites chez des hommes qui ne rapportaient aucune relation anale non protégée, il est peu probable que la circoncision aura un impact important sur l'incidence du VIH chez les hommes homosexuels en Australie.»
En 2008, des chercheurs aux États-Unis ont publié les résultats d'une analyse systématique de 15 études par observation — on appelle une telle étude une méta-analyse — examinant l'impact possible de la circoncision sur la transmission du VIH chez les hommes gais ou bisexuels. Les chercheurs ont examiné des données recueillies auprès de 53567 hommes, dont 52% étaient circoncis. Les études en question s'étaient déroulées entre 1989 et 2007, principalement dans des pays à revenu élevé. Dans l'ensemble, l'équipe de recherche a constaté que la circoncision était associée à une réduction de 15% du risque de transmission du VIH. Toutefois, il ne s'agissait pas d'une réduction significative sur le plan statistique. Grâce aux données de trois études sur 15, il y avait suffisamment d'information pour que les chercheurs réussissent à déterminer si les participants étaient circoncis ou non et s'ils assumaient principalement ou exclusivement le rôle actif lors de leurs relations sexuelles avec pénétration anale. L'analyse des données de ces 3 études, portant sur 2238 hommes, a amené les chercheurs à conclure que la circoncision n'était pas associée à une protection statistiquement significative contre le VIH. Sur les 15 études en question, sept offraient des données suffisantes sur la prévalence des ITS (autres que le VIH) chez 15233 hommes circoncis et 11003 non circoncis. Ici encore, la circoncision n'offrait pas de protection statistiquement significative contre les ITS. Lorsque les chercheurs ont examiné des études menées avant 1996, année de l'avènement de la multithérapie antirétrovirale dans les pays à revenu élevé, ils ont trouvé que la circoncision était associée à une réduction de 53% du risque de transmission du VIH. Il s'agit-là d'une réduction significative du point de vue statistique. Pourquoi cet effet protecteur semble-t-il s'être estompé après 1996? L'équipe de recherche a mis en évidence d'autres données confirmant une hausse prononcée de la fréquence des rapports anaux non protégés chez les hommes gais et bisexuels à partir de cette année, ainsi qu'une augmentation subséquente des taux d'ITS et de VIH. Il est important de souligner que l'augmentation des comportements sexuels à risque a complètement éclipsé tout effet protecteur de la circoncision chez ces hommes. Une équipe de chercheurs des U.S. Centers for Disease Control and Prevention a réanalysé des données recueillies lors de l'essai VAX 004, un essai clinique randomisé, contrôlé contre placebo, sur un vaccin anti-VIH mené entre 1998 et 2002. Les CDC ont passé en revue des données portant sur 4 889 hommes, dont 86% étaient circoncis. Voici un aperçu de leurs résultats les plus saillants:
Sur 4 889 hommes, environ 7% (323 hommes) ont contracté le VIH au cours de l'étude; 87 % des hommes en question étaient circoncis.
Le fait de ne pas être circoncis n'a pas augmenté le risque de transmission du VIH chez les hommes qui assumaient le rôle actif lors des relations avec pénétration anale. Autre point important à noter: l'équipe des CDC a trouvé que le fait d'avoir des rapports anaux non protégés — actifs ou passifs — était lié à un risque accru d'infection par le VIH.
L'analyse des CDC soulève des doutes quant à l'existence d'un éventuel effet protecteur conféré par ce qu'on appelle le « positionnement stratégique » – où seul l'homme séronégatif joue le rôle actif lors de rapports sexuels – et ce, peu importe le statut des partenaires par rapport à la circoncision. Des chercheurs australiens ont créé un modèle mathématique pour simuler l'impact que pourrait avoir la circoncision sur l'épidémie du VIH chez les hommes gais et bisexuels. Ils ont trouvé que la circoncision conférerait probablement à ces hommes une certaine protection contre le VIH. Toutefois, les chercheurs estimaient que l'effet protecteur de la circoncision serait comparable à ce qui s'observe chez les hommes hétérosexuels de l'Afrique australe, soit environ 60 %. À l'heure actuelle, aucune étude prospective randomisée n'a fourni de preuves permettant de croire que la circoncision aurait un effet protecteur semblable chez les hommes gais. De plus, la méta-analyse dont nous venons de parler et l'analyse effectuée par les CDC laissent croire que la circoncision n'offre aucune protection significative contre le VIH. Ainsi, la supposition de l'équipe australienne, à savoir un taux de protection de l'ordre de 60%, semble très optimiste. Nonobstant leur modèle optimiste, les chercheurs australiens ont trouvé que l'effet protecteur de la circoncision serait relativement faible et pourrait être annulé si même un faible pourcentage (10%) d'hommes gais circoncis se mettaient à avoir des rapports anaux non protégés. En effet, se référant aux prévisions de leur modèle sur 25 ans, les chercheurs australiens ont affirmé que la circoncision n'aurait pas d'impact « substantiel » sur le nombre d'infections par le VIH chez les hommes gais ou bisexuels. Ce résultat obtenu par un modèle mathématique est frappant, mais montre l'effet limité, s'il existe, que la circoncision pourrait avoir sur les hommes gais et bisexuels sexuellement actifs. Le VIH se propage par le biais de rapports sexuels non protégés dans les pays à revenu élevé, particulièrement chez les hommes gais et bisexuels. De fait, dans certaines communautés gaies et bisexuelles d'Amérique du Nord et d'Europe occidentale, la proportion d'hommes atteints du VIH est élevée, se comparant même aux taux d'infections observés dans certains pays de l'Afrique subsaharienne. Comment est-ce possible?
De nombreux facteurs pourraient contribuer à l'extension actuelle de l'épidémie du VIH chez les hommes gais et bisexuels des pays à revenu élevé tels que :
Un nombre croissant de rapports indique que le nombre d'hommes gais et bisexuels ayant des rapports sexuels anaux non protégés ne cesse d'augmenter.
L'infection au VIH peut maintenant être perçue par plusieurs comme une maladie moins grave qu'elle ne l'était avant l'introduction de la multithérapie.
Certains hommes séronégatifs estiment que leur risque de contracter le VIH a été réduit.
Certains hommes séropositifs supposent, à tort, que le fait d'avoir une charge virale indétectable dans le sang se traduit par une charge virale indétectable dans le sperme; ils croient donc pouvoir avoir des rapports sexuels non protégés avec d'autres personnes sans risquer de les infecter.
On assiste actuellement à des éclosions nombreuses et soutenues d'infections transmissibles sexuellement chez les hommes gais et bisexuels; la présence d'ITS peut accroître le risque de transmission du VIH.
Les responsables de plusieurs études évaluant la propagation du VIH ont conclu que l'augmentation des comportements sexuels à risque élevé a éclipsé toute réduction éventuelle de l'infectiosité des personnes atteintes attribuable à la multithérapie. Cela ne veut pas dire que les efforts de prévention actuels ont échoué — sans ces derniers, les taux d'ITS et de VIH pourraient être bien plus élevés. Ce contexte d'activités sexuelles à risque et d'ITS doit être pris en compte lorsqu'on envisage l'impact potentiel et la mise en œuvre des nouvelles stratégies préventives — circoncision masculine, microbicides ou prophylaxie pré-exposition (PPrE) — visant les hommes gais et bisexuels dans les pays à revenu élevé. Les décideurs de politiques et les chercheurs doivent également tenir compte des différences physiologiques entre le vagin et l'anus. Lorsque l'excitation sexuelle a lieu, le vagin sécrète des liquides qui servent de lubrifiant lors du rapport sexuel. Chez l'homme excité, il ne se produit aucune lubrification naturelle comparable de l'anus. Cela pourrait expliquer partiellement pourquoi la pénétration anale a toujours été considérée comme plus risquée que la pénétration vaginale en ce qui a trait à la transmission du VIH et ce, tant chez le partenaire actif que passif. Contrairement aux hommes hétérosexuels, les hommes gais et bisexuels ont tendance à jouer des rôles sexuels variés. Lors des rapports sexuels avec pénétration anale, ils assument parfois le rôle actif, parfois le rôle passif et parfois les deux. Dans le langage courant, ces hommes se décrivent respectivement comme des « tops », des « bottoms » et des « versatiles ». Étant donné la souplesse de ces jeux de rôle sexuels, les interventions qui réussissent chez les hommes hétérosexuels et les femmes risquent de s'avérer inefficaces chez la plupart des hommes gais ou bisexuels. Il est à noter que, malgré des taux de circoncision élevés en Amérique du Nord au début des années 80, l'épidémie du VIH n'a pas cessé de se propager sur ce continent. En conclusion, compte tenu de tous les points abordés dans cet article, la circoncision n'aura probablement pas d'impact significatif à long terme sur la propagation du VIH chez les hommes gais ou bisexuels des pays à revenu élevé.

catie.ca – 18/12/09

Italie: combattre l'excision.

Le Ministre de l'égalité des chances, Mara Carfagna, rappelle que le nombre des victimes d'excision est de 35000, lors de la 4e journée mondiale contre les mutilations génitales féminines. Plus de 35000 femmes sont victimes de mutilations génitales féminines en Italie. Et à peu près mille, de moins de 17 ans, risquent d'être exposées à cette pratique.
« Pour faire disparaitre cette violence, selon les études, il faudrait attendre 20 ans, mais pour aller plus vite le gouvernement fait le maximum. Il a été décidé d'allouer 4 millions d’euros afin de mettre en place une campagne de sensibilisation. C'est aujourd’hui même qu'apparaitra le spot publicitaire Aucun exclu, qui vise à la responsabilisation des parents quant à la décision de pratiquer l'excision sur leur propres filles. »

ilgiornale.it - 06/02/10


Se faire chier pour la burqa.

Jamel Debbouze est en colère. « Qu'est-ce qu'on vient nous faire chier avec ce truc! », s'est-il exclamé sur France-Inter, la semaine dernière. « Ce truc », c'est la burqa, que l'humoriste et comédien considère comme « même pas un épiphénomène », rejoignant certains autres comiques, socialistes et de gauches diverses, qui s'époumonent, eux, sur un «phénomène marginal». Parmi les arguments développés par les opposants à toute législation sur le port de la burqa – qui sont souvent les mêmes qui ne voulaient pas entendre parler d'une loi sur le voile -, celui qui consiste à dire qu'elle ne constitue pas un problème car elle concerne au maximum 2000 personnes en France est particulièrement inepte. L'excision ne touche qu'une minorité de femmes en France. Faut-il pour autant autoriser cette barbarie rituelle ? (…)

Gérard Biard – Charlie Hebdo - 03/02/10

Organisation Médicale Secrète.

Vous ne connaissez pas John Mackenzie? Vous devriez! Le microbiologiste de l'Université de Curtin, en Australie, est le chef du comité d'urgence de l'Organisation Mondiale de la Santé, un petit groupe de 18 personnes. C'est lui qui, avec une brochette d'autres experts, est censé éclairer la lanterne de l'OMS sur la gestion de la désormais célébrissime grippe A. Mais, chut! c'est confidentiel. Ces gens-là ont besoin d'anonymat, c'est ce qu'expliquait au Canard, il y a déjà un mois, l'OMS. Laquelle vient de refuser, une fois le professeur enfin débusqué, de divulguer sa « déclaration d'intérêt ». Autrement dit, motus et bouche cousue sur ses liens avec l'industrie pharmaceutique, à ce jour grande et unique bénéficiaire de la « pandémie ». Le fait, par exemple, que John Mackenzie ait été, en février 2009, un des organisateurs du 8ème Congrès de l'Asie-Pacifique sponsorisé par GSK, BIO-Mérieux, Roche, Crucel et Sanofi-Pasteur, tous fabricants de vaccins, n'a effectivement aucun intérêt. De toute façon, sur les tendres liens qui unissent ces experts et les labos, l'OMS, sur la sellette, répond qu'elle ne dispose pas d'un outil de mesure pour évaluer l'importance des conflits d'intérêts. C'est aux fameux experts et à eux seuls qu'il revient de signaler – ou non – leurs collaborations diverses et variées avec les labos. Pour un organisme de l'ONU, ça fait sérieux! On est donc priés de les croire sur parole. Là-dessus, on est vaccinés!

Le Canard enchainé - 03/02/10

Waris Dirie: le film Fleur du désert retrace son histoire.

Ne vous fiez pas à la finesse de ses doigts. D'une main rageuse, l'ex-mannequin écrabouille un malheureux citron au-dessus d'une tasse d'Earl Grey. Ancrée dans le sofa d’un palace parisien, Waris Dirie vous harponne de ses yeux d'onyx, étincelants de colère brute. Cette femme qui, il y a 12 ans, et alors qu'elle défilait pour les plus grands couturiers, avait publié un livre choc révélant son excision, revient à la charge : « Chaque jour, 6000 petites filles sont victimes de cette barbarie en Afrique, aux États-Unis et en Europe, dans un silence criminel ». C'est au moyen d'un film, adapté de son livre, qu'elle tente désormais de briser ce mutisme. Réalisé par Sherry Hormann et interprété par Liya Kebede, ce biopic retrace le parcours de Waris, du désert de Somalie aux catwalks de New York, et jusqu'à la tribune de l'ONU. L'histoire âpre et forte d'une femme qui, très tôt, a lutté pour sa survie. À 13 ans, la petite bergère somalienne qu'elle fut refuse un mariage forcé avec un vieillard. La veille des noces, elle s'enfuit de son campement et traverse le désert, en mangeant des racines, jusqu'à Mogadiscio. Sa grand-mère lui paie un billet d'avion pour l'Angleterre. Réduite en esclavage à l'ambassade de Somalie, à Londres, puis SDF, Waris croise Marylin, une jeune danseuse qui lui trouve un job dans un fast-food. C'est là que naît sa légende. Alors qu'elle passe la serpillière, Terence Donovan, célèbre photographe de mode, repère sa beauté. La vie de la jeune femme bascule à nouveau. Top modèle adulée, elle décroche des contrats mirifiques. Mais en 1998, au sommet de la gloire, elle révèle son excision, à l'âge de 3 ans, dans les bras de sa mère, sur un rocher en plein désert. En 2002, elle quitte les podiums pour créer sa fondation, et lance plusieurs campagnes avec l'ONU, dont elle devient ambassadrice. Aujourd’hui mère de deux garçons, Waris assure vouloir « changer ce que cela signifie, en Afrique, que d’être une femme ». Site du film: http://www.bacfilms.com/site/desertflower/

Madame Figaro - 06/03/10

Magie noire au Brésil : un enfant de 2 ans grièvement blessé.

C'est une sordide histoire de vengeance, assortie de pratiques d'un autre âge, qui vient d'être découverte dans le nord-est du Brésil. Le plus tragique est qu'un bambin de 2 ans en est la principale victime. Le petit garçon a été hospitalisé dans un état grave, à Barreiras, après avoir eu le corps transpercé d'une cinquantaine d'aiguilles. Son beau-père avait avoué mercredi soir avoir implanté ces aiguilles dans le cadre d'un rituel de magie noire pour se venger de sa femme. Jeudi matin, la petite victime a dû être transférée à quelque 900 km de Barreiras, dans un hôpital de Salvador de Bahia, spécialisé en chirurgie cardiaque. Fabio Contelle, chirurgien pédiatrique de l'hôpital de Barreiras, a révélé en effet à la télévision locale que deux des aiguilles ont touché « le ventricule gauche du cœur de l'enfant ». « Cela rend la chirurgie un peu plus compliquée, et nous n'avons pas ici de chirurgien cardiaque. C'est pour cette raison que nous avons décidé de transférer l'enfant dans un centre spécialisé de Salvador », a-t-il ajouté. L'enfant avait été hospitalisé dimanche après des vomissements et de fortes douleurs à l'estomac. Blessé dans le cou, la poitrine, l'estomac, le foie et les jambes, il est conscient, respire normalement et est alimenté par sonde. L'extraction des autres aiguilles dépendra des évaluations sur les risques pour la santé de l'enfant, a ajouté la porte-parole de l'hôpital. La mère, Maria Santa Souza, 38 ans, vivait avec ses six enfants, sa mère et son nouveau mari, épousé il y a six mois. Ce dernier, identifié comme Roberto Carlos Magalhaes, a été arrêté par la police et «a avoué avoir introduit les aiguilles dans le corps de l'enfant», a déclaré mercredi soir le commissaire chargé de l'enquête, Helder Fernandes Santana. « Il a fait ça par vengeance, pour se venger de sa femme. C'est sa maîtresse qui l'a incité à tuer l'enfant selon un rituel macabre », a ajouté le policier.

Le Parisien – 17/12/09



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Article 222 est publié par l'Association contre la Mutilation des Enfant

AME - BP 220 - 92108 Boulogne cedex

2e trimestre 2010

 

 

 

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